Galerie du Pistolet d'Or - Achat et vente de tableaux

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Arsène Detry (Koekelberg, 1897 - Mons 1981)

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Ce tableau a été vendu par la Galerie du Pistolet d'Or. Chiffons

Ce tableau a été vendu par la Galerie du Pistolet d'Or. Sète. La pointe courte

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BIOGRAPHIE:

Au dire de son ami René Magritte, Arsène Detry aurait été "un surréaliste qui s'ignore", tant les gares, les usines et les paysages du Borinage qu'il peint dégagent une ambiance étrange, sans doute en vertu des éclairages feutrés et de la curieuse absence de tout être humain. L'art de Detry s'engagea résolument dans une réflexion purement picturale, en dehors de toute préoccupation sociale. Dans cet état d'esprit, l'artiste n'eut de cesse de sillonner les contrées industrielles du Borinage qu'il dessina inlassablement.Soucieux d'epanouir sa sensibilitéde coloriste en harmonie avec l'exemple des synthèses formelles apprises chez Lhote, le travail de l'artiste ne semble que prétexte à un déploiement de couleur savamment orchestrées en aplats, au bénéfice d'une lisibilite de l'espace proche de celle de Cézanne. La palette silencieuse, unifiée par des gammes de tons sourds, et l'épuration géométrique du motif sont les signes d'une oeuvre qui tente de dépasser l'aspect réaliste et anecdotique du sujet; réduire Arsène Detry a un simple paysagiste serait dès lors ignorer la dimension intemporelle , voire universelle, de son travail. J'ai l'impression, dit l'artiste, que peindre des maisons me permet de représenter des formes géométriques simples qui accrochent la lumière. Ma psychologie, ajoute-t-il, c'est la forme: le rapport fort intéressant des formes géométriques d'une maison. Au regard de ce témoignage éclairant sur l'approche géométrisante du sujet, Xavier Canonne relève que "la poésie n'est cependant pas absente de ce réseau de cubes et de masses, et jamais Detry ne sombre dans un système répétitif qu'il érigerait en méthode pour peindre".

Ce tableau a été vendu par la Galerie du Pistolet d'Or. La Maladrée

Ce dessin a été vendu par la Galerie du Pistolet d'Or. Sète, la pointe courte

Ce tableau a été vendu par la Galerie du Pistolet d'Or. Le port de Collioure

ARTICLE PARU DANS LA REVUE HAINAUT TOURISME AVRIL 1973:

ARSENE DETRY PAR ALBERT JACQUEMOTTE

Encore que les lignes de force de l'homme soient simples et que son art soit d'une absolue limpidité, l'approche de ce pur artiste -  qui est en outre un pur esprit -  n'est pas aisée. Cela tient peut-être a  deux causes: la première, que la culture d'Arsène Detry, sa connaissance de l'histoire de la peinture et du monde contemporain de l'art sont si étendues -  sa memoire si fidèle -  qu'il est peu d'esprits qui puissent le suivre dans ses commentaires, ses jugements et ses synthèses à  l'emporte-pièce.

La seconde, qu'il a -  sans doute sans le chercher. mais encore. -  réalisé  dans sa peinture une fusion si parfaite de sa vision, de sa transposition, de son esthétique particulière, de sa philosophie (au sens humain), on dirait mieux, de son humanisme, et du métier, que l'image et l'impression de l'ouvre, qui demeurent chez l'observateur, défient presque toujours l'analyse. Elles sont un bloc dont l'authenticité  et la masse vous saisissent et vous broient, puis vous glissent des doigts pour reprendre sur le panneau du mur leur fonction d'ouverture, d'émoi, et de puissance, - jamais de décoration pure. Essayons, pourtant. L'an dernier, on a réuni cinquante ouvres échelonnées sur quarante années et plus -  exposition exemplaire qu'on a voulu nommer rétrospective bien que le mot rende très mal la chose. Eût-on indiqué , en effet, la date de chaque toile. qu'on eût pu, le lendemain, enlever les étiquettes, les mélanger, les tirer au sort et les replacer au hasard sans que personne n'en prenne ombrage.

Cela tient à ce que -  je devrai peut-être le répéter plusieurs fois -  Arsène Detry n'est pas un de ces peintres ni de ces hommes dont la vie peut se diviser en périodes, et la peinture en paliers ou en tendances successives -  même pas pour le métier.

Tout se présente comme si, au jour où  il s'est mis réellement à  peindre, tout était déjà  consommé  : tendance des «  sujets » , profondeur des tons, autorité  des aplats, harmonies sonnantes et pourtant retenues, simplicité , force, valeurs, volumes... Oui. tout cela y était, au point qu'une "reunion" de ses ouvres paraît, au visiteur hâtif, n'avoir pas d'âge : être une famille née "comme ça". C'est que, il est vrai, l'homme était dès l'adolescence riche et presque maître de tous ses «  devenirs ». Mais c'est aussi -  et j'y insiste -  que son évolution, sa maturation -  aucun homme n'y échappe - ne sont qu'un long affinement de toutes ses richesses et ses possibles ; affinement invisible à  ceux qui passent, et demandant à celui qui l'étudie  et qui croit, à  tort ou à  raison, y connaitre quelque chose, un long travail patient, mieux une longue vie côte a  côte. Les yeux fixés sur l'Ouvre qui grandit à  mesure. Si donc on veut tenter de parler de lui, le style d'un récit suivant sa vie et jalonné  de descriptions d'ouvres, n'est pas de mise.

On ne raconte pas Arsène Detry. On le constate. Dès lors, la méthode est nécessairement inverse de celle de l'histoire. Il faut étudier chacun des caractères d'aujourd'hui, de cette peinture, et essayer, timidement, de saisir comment ce caractère est arrivé à  son état-sommet d'acuité  -  je préférerais écrire, de profondeur. car acuité  me paraît aux antipodes de son «  écriture ».

Le Sujet:

J'écris le mot au singulier, intentionnellement. C'est que, saisissant dès l'abord, comme Cézanne au milieu de sa vie. que les «  sujets »  c'est-à-dire soit les themes humains traditionnels, soit, en paysage, les tableaux dits «  tout faits » , en étaient arrivés à  l'heure de l'agonie, ou de la mort, Arsène Detry n'a peint qu'un sujet, ou plutôt, chacun de ses sujets n'est qu'un prétexte au portrait toujours continué d'une terre ingrate, humble et pauvre, aimée pourtant. Cette terre a beau être en fait le Borinage, c'est la pauvre terre de partout, de ceux qui vivent dans, de, et autour de la vie des usines et des rivières usées : exceptionnellement, des ports étroits et minimes, ou de la campagne maigre. Une figure universelle.

De ce Borinage où  Van Gogh à  ses débuts n'a voulu voir que le visage des hommes, Arsène Detry a banni physiquement la figure humaine : mais l'homme, la vie étroite des hommes emplit pourtant à ras-bord ces toiles qui. volontairement, ne figurent que l'humble environnement de cette vie humaine.

L'humilite:

Pourtant, à l'humilité de ces maisons, de ces jardins minables, de ces usines sans fenêtres et de ces vieux trains rouillés, la peinture de Detry apporte une royauté, un rayonnement sans rayons ; royauté et rayonnement qui ne sont plus seulement des signes physiques, mais le rayonnement de l'âme des choses pauvres. Ah ! que cette humanité des vieux murs et des clôtures de béton, est tendre et forte ! Même les arbres ont disparu. Le paysage est de pierre, et statique comme l'éternité.

On a compris. Tout a été  rejeté  de ce qui pouvait être image temporaire, décor, esthétique pure, richesse recherche, accessoires, composition, arrangement, pittoresque.

Tout est dépouillé  mais puissant, pauvre mais profond, simple mais grand, décanté, concentré . Les tons sont des valeurs ; à  peine rien de plus. Et pourtant, oui, cela a un style, cela sue un style, un style écrasant ; les masures s'élèvent à la transcendance ; une transcendance sans orgueil.

Quand Cézanne peignit «  La Maison du Pendu » .sa masure vibrait encore de reflets, de mirages, d'un jeu complexe de petites touches colorées ; elle séparait d'une certaine élégance. Le pendu n'y était point.

Si Detry avait peint "La Maison du Pendu ", elle aurait été une chose sévère, épaisse, émouvante, le lieu et la solidité  de la mort. Le pendu aurait été dedans. Plus de vibrance, du poids et de la densité . Le dépouillement, c'est cela.

Et ce dépouillement va s'accentuant avec l'âge ; les détails qui persistaient sont pourchassés ; les lumières, trop fulgurantes encore sont éteintes ; la matière seule reste comme lumineuse par elle-même.

L'Unite:

Je soulignais tout à l'heure l'unité , ce caractère étonnant d'une évidente parenté  entre les ouvres, quelles que soient encore leur diversité et leur date. Plus frappante encore est l'unité  à  l'intérieur de chaque tableau, et plus étonnante, plus étrange, quand on songe qu'il ne s'agit pas de synthèses en quelques grands plans, mais d'une infinité  d'images dans la grande image, de groupements qui pourraient vivre, isolé  chacun, qu'une main puissante tient rivés les uns aux autres pour constituer un monde.

Un monde que rien ne clôt. comme si chaque tableau était un verset d'une épopée qui les contient tous. Cette unité  est si profonde qu'aucun detail n'a le droit de sortir de la foule anonyme, de prendre rang en avant des autres, d'accaparer l'oil de celui qui regarde. Aucun, sauf peut-être de loin en loin un chariot abandonné , rosé  ou bleu. Mais c'est là  jeu de prince et lumière inattendue qu'exigeait la profondeur des plans. Pas de dégradé , pas de lointain, pas de perspective aérienne, presque pas de recul. Un dessin impeccable, impitoyable, qui ne recule devant rien. n'enlève rien, n'ajoute rien, mais, une fois encore dépouille chaque chose et fait de sa nudité , une grandeur. Cette unité  est si étrangement puissante qu'elle permet au peintre de prendre une tranche de cette humble terre, de cet humble terroir qu'il peint, et de ne rien enlever, de ne rien ajouter, de ne rien transformer, de ne rien éviter, de ne rien préférer. Tout sera à sa place. Aucun élément ne viendra par une originalité  quelconque troubler la construction ni l'harmonie, ni ce style unique que nous tâcherons de mieux définir tout à  l'heure. L'unité  de la multitude des choses c'est presque un concept humain, une ligne ou un plan commun de vie, une sorte de philosophie des foules.

La Densité:

Mot aux vingt facettes. La densité  est tout à  la fois : dans la construction de l'ouvre, serrée, tendue, sans faille, pleine et carrée ; dans son poids ; dans la consistance et la texture des choses, en sorte que le mur soit épais, dur et froid ; le rail, pesant et ancré au sol ; que l'eau elle-même ait une pesanteur et une masse ; que la lumière soit une valeur qui appartient à la chose même, qui sourd d'elle, et non un rayon venu du dehors; dans la matière qui n'est jamais ni frêle, ni mièvre, ni transparente ni apparemment grasse; mais faite d'une pâte insolite, peut-être rugueuse avant le vernis -  émaillée après -  dont on ne sait pas si elle est étalée, dure déjà  comme un béton, ou si c'est l'astuce du maître qui la fait paraître telle.

La Couleur:

Dans la couleur et les harmonies toujours sous-tendues, profondes, riches comme des cuirs ou comme des bures, avec des dominantes de bruns sourds et de bleus profonds ; dans les volumes qui ne sont pas volumes ; que ne sculpte pas le jeu de l'ombre et de la lumière, mais qui sont plus que des volumes par les seules valeurs des aplats.

Mais repensons un instant à la couleur. On peut se demander si ces tons et la manière de les écraser, de les joindre sans les limiter, de les faire épais, opaques, dès lors puissants, n'est pas un des maître-éléments qui font l'humilité , la densité , et l'unité , l'harmonie sûrement.

On ne dira jamais assez la richesse de cette gamme qui paraît sombre, lourde, dont les éclats sont des ombres. Et j' y reviens: bruns sourds et bleus profonds, rares lumières grises, ou plaquées d'un graffiti de blanc et de vert. Violets, bleus-mauves aussi, cette gamme que tant de peintres fuient, depuis leur gaspillage dans les ombres impressionnistes; mais ici, apparaissant comme en surimpression, comme un voile, donnant comme un crissement de soie à des tons sans rayons que d'aucuns trouveraient barbares. Pourtant, quand on a dit tout cela, on n'a rien défini encore. Car la densité est dans la fusion de tout cela au creuset d'une volonté.

La densité  se sent, comme la richesse profonde et cachée : elle ne se définit pas. Elle est sans doute le signe de la maturation de l'esprit et de l'autorité  de la main.

Le Style:

Ai-je ainsi fait entrevoir ce style unique dans lequel se trouvent transposés l'amour des choses pauvres, leur royauté  humaine, leur unité , leur depouillement, leur harmonie, leur densité ? Il se pourrait que non. C'est qu'il manque à  mon modeste tableau à  moi. de faire sentir, palper, de projeter comme en relief, l'extraordinaire résultat de toutes ces qualités, de toutes ces forces mises ensemble, fondues, amalgamées, disparues, pour qu'il ne reste qu'une ouvre au sens le plus absolu du mot.

Ce qui manque pour cela, c'est peut-être de trouver les mots qui diraient le choc. l'émoi, l'emprise sur l'observateur, de pareils ouvrages. Ce mot, force ou sentiment, qui est assurément le ciment même des tensions dont sont faites les ouvres d'Arsène Detry, il n'appartient qu'à  lui et peut-être n'est-il pas au dictionnaire. Quoiqu'il en soit. avoir, sans la plus petite trace de grandiloquence, dans la terreur ou la haine de l'élégance et de la décoration, insufflé  -  non -  imposé aux plus humbles demeures des hommes un style épique, c'est cela, le miracle.

Galerie du Pistolet d'Or rue du Hautbois, 35 - 7000 Mons

065/317097 ou 0479/965963

Ouvert le lundi, mardi, mercredi, vendredi et samedi de 14h30 à 19h.

Email: info@galeriedupistoletdor.com